Journal du 18/07

4–6 minutes

J’ai tellement mal au ventre que j’ai du mal à me lever. Je déteste vraiment ça, ce sentiment d’impuissance et d’être inutile. Je passe une période riche en mouvement et en émotions, je crois que mon corps sature un peu et me le fait sentir. Beaucoup d’heures, du stress, manque de sommeil et repas au lance-pierre… Je crois que je ne vais pas réussir à tenir ce rythme encore très longtemps et il faut dire que je n’en ai pas envie. Ma santé est plus important que le reste et je sais qu’en ce moment je n’arrive pas à la privilégier parce que je suis submergée. Je suis très triste de me dire qu’un travail qui me plaît autant peut me mettre si mal, j’aime énormément ce que je fais mais mon corps ne suit pas. En ce moment en tout cas.
Peut-être que ce n’est qu’une période et que ça ira mieux ensuite ? Je verrai bien. J’ai envie de persévérer encore un peu, dans l’espoir que la situation évolue et que je puisse reprendre un peu le contrôle de mon quotidien.
A ce point là, je ne sais pas si je dois juste lâcher prise et danser dans la tempête ou aller me mettre à l’abri. Heureusement que je travail avec mon homme, il est toujours là pour me soutenir et me faire sourire. C’est vraiment un merveilleux cadeau.


Je peux dire que la journée à été vraiment longue et compliquée. Finalement, mes douleurs sont simplement dues à la constipation. Glamour, n’est-ce pas ? Pas vraiment mais, ce n’est pas une raison d’en avoir honte. C’est tout à fait naturel et au vu de mon alimentation des dernières semaines, c’est plutôt logique. Les fibres se sont plutôt fait la malle, l’apport calorique s’est réduit et la qualité de ma nutrition n’était pas très bonne non plus. Tout est réuni pour irriter mon système digestif ! Il en a eu marre et il s’est mis en veille, voilà tout. je dois dire que c’est impressionnant comme ça peut faire mal.
Ma journée de travail a été chaotique, j’avais tellement de mal à faire la moindre geste que mes collègues m’ont fait rentrer chez moi… pour me rappeler en panique à 18h30 pour faire face à un rush phénoménal. C’est mon homme qui m’a écrit pour me demander à demi mot de revenir, puisqu’il est en position de manager. J’étais en colère. Très en colère et en proie à un sentiment d’injustice et de non compréhension de mon état et de mes limites. J’ai rassemblé mon courage et on y est allé, moi, ma rage et ma douleur. Je suis plutôt du genre à essayer de rester tant que je tiens, si je ne vais pas travailler c’est vraiment que je suis mal. Là, j’ai pousser mes limites pour leur venir en aide, et tant qu’à y aller autant prendre les choses en mains.
Une terrasse pleine, des commandes en livraison à la chaine, le serveur dépassé, le livreur en PLS, et mon pizzaïolo le nez dans la farine avec en prime de la vaisselle et du bordel dans tous les sens. J’ai cru que j’allai des exterminer tous les trois. Je leur en ai voulu. Je les ai bousculé et je leur ai à peine décroché un mot quand ils se sont excusés de m’avoir fait revenir. J’ai perçu leur détresse, mais à ce moment là c’était le cadet de mes soucis. J’ai pris les rennes pour remettre les choses en ordres et rattraper le retard au mieux. Je me suis impressionnée moi-même je dois dire.
En fait, il était hors de question pour moi de subir ce service en plus de mes douleurs. Je me suis retrouvée au final à gérer l’organisation des commandes, la vaisselle, la logistique des livraison, parfois la cuisson des pizzas et aussi leur confection en tandem avec mon homme. Le tout en dirigeant l’équipe pour garder une certaine fluidité et faire au mieux. Je ne vais pas mentir, on s’est fait arracher.

Au fur et à mesure, je me suis calmé et je me suis remise en question. Je pensais qu’ils n’avaient pas gérer un rush normal, d’où mon sentiment d’injustice. Mais le flux ne s’est calmé que quand j’ai annoncé : « Plus de prise de commande, c’est terminé. » De toute façon, on n’avais plus de jambon, plus de sauce tomate et presque plus de pâton. Le chaos total !
Après coup, je suis très fière de ce qui s’est passé hier soir. Me rappeler, malgré mon état, était une bonne décision et je sais qu’il ne l’ont fait qu’en désespoir de cause. Pas pour leur confort, mais à ce stade presque pour leur survie.
Je me suis dépassée et je suis impressionnée par ce que je suis capable de donner dans la fatigue et dans la douleur. En partant du restaurant hier soir, nous avons évidemment eu une discussion avec mon homme, Anthony. Je lui ai dit à quel point j’étais en colère quand je suis revenue (de toute façon, elle irradiait tellement de moi qu’elle devait être visible à plusieurs kilomètre à la ronde), et aussi à quel point, finalement, j’étais fière et reconnaissante d’avoir pu voir ça de moi. Je crois que trouver du bon dans toutes les situations est vraiment salutaire, ça aide à relativiser et à rester positif. Je crois que c’est aussi un mécanisme de survie quand on se prend dans un engrenage dont on ne voit pas le bout.

Se faire confiance. Se dépasser. Briller. Rester en conscience de soi. Être fier de soi. Rester humble malgré tout.

A bientôt pour de nouvelles aventures,

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