« Le lien qui unit votre véritable famille n’est pas celui du sang, mais celui du respect et de la joie dans la vie de chacun. » – Richard Bach
La famille c’est aussi beau que complexe. Je ne parlerai pas de cas particulier, qui ne me concerne pas. C’est seulement mon prisme et mon avis.
J’ai eu la chance d’être née désirée, aimée et choyée par deux parents amoureux, aujourd’hui encore. J’ai eu la chance de connaître mes 4 grands parents et même une arrière grand mère. Dans ma famille, peu de divorce, peu de disputes, peu de cassures. Mais aussi, de moins en moins de rires et de cohésion. J’ai grandi dans un environnement très discret, où il fallait être sage, correct, avoir de bonnes notes à l’école et surtout de bonnes remarques sur le comportement. J’ai le sentiment qu’il ne fallait jamais trop dépasser des cases, suivre un schéma classique et coller à l’idéal de réussite « école-études-mariage-maison-bébé », c’est une pression que j’ai ressentit longtemps.
Heureusement là dedans, mes parents m’ont toujours donné un goût de « on s’en fou des autres, soit heureuse ». Ce que j’essaie finalement de faire à 30 ans ; nouveau départ, nouveau travail, nouveau chéri, des projets plein la tête et l’envie de faire grandir mon bonheur au quotidien, surtout hors des cases.
J’aime voir ma famille, ce sont tous des personnes que j’aime profondément. Mais l’amour est très pudique, surtout au delà de mes parents. Mes oncles, mes tantes, mes cousins et cousines… On ne se voit jamais, on est très peu en contact mais, pour autant, je sais qu’ils sont mon filet de sécurité et qu’ils seront toujours là pour moi comme je le serai pour eux. On pourrait dire que la vie en a décidé ainsi, mais la vie est aussi faite des choix des uns et des autres.
Au tout début de mes études, je suis partie dans une autre région, cette coupure m’a fait énormément de bien malgré le manque, ça m’a permis de me construire par un autre prisme et d’apprendre par moi-même. Et quand je suis revenue, mes parents avaient eux aussi quitté la région, tout comme mon frère. Tout le monde a grandi, vieilli, mûri, on était déjà tous un peu moins proches. Et c’est complètement ok. Je crois qu’une des plus grande force de l’amour familial c’est l’acceptation.
Accepter :
- que les gens s’en vont et revienne
- la disctance
- les choix de vie qui ne nous correspondent pas
- que les démonstrations ne sont pas toujours celles qu’on aimerait
- que, parfois, c’est le bordel
- qu’on peut aimer et être aimé sans rentrer dans toutes les cases
- pour certains, les cases n’existent pas
- que le bonheur et la réussite sont des idéaux personnels
- qu’on ne peut pas toujours aimer 100% d’une personne
Et sûrement encore bien des choses qui ne me viennent pas à l’esprit à l’instant. J’oubliai ! Il faut aussi savoir accepter que notre famille n’est pas forcément l’image qu’on peut se faire d’elle dans la réalité. Je ne sais pas si c’est bien clair, mais pour faire simple : on peut s’imaginer que notre famille est peut-être plus ouverte, plus drôle, plus rude, etc. qu’elle ne l’est en vérité. Il ne faut pas oublier que l’on évolue tous avec le temps et que ça vaux pour tout le monde. Nos grands-parents ou nos parents ne sont plus exactement les mêmes que lorsque nous étions enfants, et c’est totalement normal. On peut avoir besoin d’un temps d’adaptation pour se faire à l’idée et ça peut être difficile dans certains cas.
Dans mon cas, j’ai vécu 7 ou 8 ans loin de ma famille, si je pouvais les voir 3 fois par an c’était beaucoup. J’ai raté des anniversaires, des mariages, des Noël, des repas, des naissances, …mais aussi des moments simples de quotidien comme cuisiner avec ma grand-mère, jardiner avec papi, profiter d’une balade avec mes parents ou encore couler mon frère à la piscine. Revenir après ces années, ça a été une bombe émotionnelle pour moi. Ils m’ont tous manqué et j’ai senti aussi à quel point je leur avait manqué. C’est très dur, j’ai culpabiliser d’être partie. Après quelques années maintenant, je ne culpabilise plus. J’ai fait mes propres choix qui m’ont donné une certaine vie, que je ne regrette absolument pas. Et le plus beau cadeau qu’ils ont pu le faire c’est de me dire que je devais faire ma vie pour moi, être heureuse avant tout et qu’ils seraient toujours là pour m’aimer peu importe la distance.
Alors je vie. Avec eux et pour moi. Je sais qu’un jour viendra où je partirai à nouveau, explorer un nouvel endroit qui sera une aventure palpitante et que je pourrai tout leur partager sans crainte.
Affectueusement,


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